Ils ont attendu que le clocher du Campanin finisse de sonner. Par respect. Ils, ce sont les Mentonnaises et les Mentonnais réunis en nombre place de la Mairie, ce lundi 18 juillet à midi, en mémoire des victimes de l’attentat à Nice. Partout en France, une minute de silence. À Menton, celle-ci s’est prolongée. Parce qu’une minute, « c’est trop court » comme l’a dit le Député- Maire en clôturant la cérémonie. Auparavant, les centaines de personnes rassemblées avaient entonné Nissa la Bella puis La Marseillaise. Un chant pour l’émotion et la fraternité, pour l’hommage au courage du peuple de Nice. Un autre pour la résistance et la colère, réelle. Pour dire que ça suffit. « Ceux qui nous haïssent doivent savoir que nous ne le tolèrerons plus. Face à l’islamisme radical, la tolérance serait de la lâcheté. Or nous ne sommes pas des lâches », a prévenu Jean-Claude Guibal avant le recueillement. Grave et solennel, il a rappelé ensuite que les Français doivent être fiers de leurs valeurs. « Il nous faut faire face ensemble, de façon calme mais déterminée ». Puis chacun s’est tu. Après le silence, les mots. Ceux que les anonymes laissent sur le registre ouvert en mairie pendant toute la semaine. Les images aussi. Celle de roses blanches déposées spontanément. Ou celle de Sharon, cinq ans, qui remet une peluche à Colette Giudicelli, Sénateur, pour qu’elle la dépose au pied du mémorial des victimes sur la promenade des Anglais. « Pour les enfants » dit la petite fille. La vice-présidente du Département le lui promet. Comme un symbole. Celui des Mentonnais de tous âges aux côtés des victimes et des Niçois.

Jean-Claude Guibal : « Menton est solidaire de sa soeur niçoise »

Vendredi 15 juillet. Quelques heures après l’attaque qui s’avèrera terroriste, le Député-Maire de Menton Jean- Claude Guibal tient à adresser ces quelques mots aux Niçois, au nom des Mentonnais : « La barbarie, une fois de plus, a frappé. Sur la promenade des Anglais et un soir de 14 juillet. Nos cœurs sont lourds et notre émotion immense. Nous pensons à toutes celles et à tous ceux, aux enfants en particulier, qui sont morts si près de nous. Nous exprimons notre compassion à leurs familles et à leurs proches. Nous pensons aux blessés et leur témoignons notre soutien pour accompagner leur courage. Tous, morts et blessés, ont été victimes d’un islamisme radical dont il faut que nous prenions enfin la véritable mesure. Les mots ne sont pas assez forts pour exprimer notre douleur. Et notre colère. Les Mentonnaises et les Mentonnais sont aux côtés de la population niçoise à laquelle j’adresse en leur nom mes condoléances profondément attristées. J’assure également les élus de Nice, au premier rang desquels Christian Estrosi, Éric Ciotti et Philippe Pradal, du soutien du conseil municipal de Menton. Menton est solidaire de sa soeur niçoise, plus que jamais en ces circonstances tragiques. En hommage aux victimes, les drapeaux de notre commune sont mis en berne et toutes les prochaines festivités y sont annulées ou reportées. »

« Saint-Michel Archange, priez pour la France ! »

Trois jours après le drame, près de 100 000 personnes avaient lu les messages publiés sur notre page Facebook par les Mentonnais(es), accompagnés de remerciements des Niçois(es). Des messages tristes mais dignes. Sobres mais touchants. Il y a d’abord l’émotion partagée : « Solidarité avec notre voisine Nissa Bella ! Pensées émues pour les victimes », « Toute la population de Menton est très triste et sincères condoléances à toutes les familles », « Tous concernés par ce drame horrible si près de chez nous. » Puis entre les larmes, certains appellent à ne pas céder à la peur : « “Vivre” devrait pourtant être la plus belle des réponses. » C’est vrai. Mais trois jours de deuil relèvent du nécessaire « respect pour ceux qui nous ont quittés ». Au-delà des immenses « tristesse et colère », tout le monde n’a finalement qu’un vœu : « Que tout ça s’arrête, on a envie de vivre dans la paix ». Et les Mentonnais de s’en remettre bien sûr à leur protecteur : « Saint-Michel Archange, priez pour la France ! »