Le 9 septembre à midi, le ciel noircit au-dessus de Menton. Une odeur âcre plane, celle du bois qui s’enflamme. Quelque 200 pompiers et dix bombardiers d’eau permettent d’éviter le pire. Après l’émotion, il faut maintenant agir pour que la forêt revive.

Effrayant, triste, scandaleux et lamentable… Dans toute la ville, les Mentonnais ont naturellement réagi à l’incendie qui a ravagé soixante hectares de résineux sur les hauteurs de Garavan, autour du « Berceau » – l’un des lieux emblématiques de la cité. Une « forêt assassinée », comme l’écrivent certains sur notre page Facebook car plusieurs éléments laissent penser qu’il s’agirait d’un acte criminel. C’est la raison pour laquelle le Député-Maire de Menton, après avoir suivi la situation avec M. le Préfet depuis le PC des pompiers installé sur le stade Rondelli, a annoncé le jour même que la commune déposait plainte avec constitution de partie civile. D’autant que ce feu était le second en deux jours dans la zone (le 7 septembre, un incendie avait contraint à fermer l’autoroute A8 à la circulation au niveau de la Giraude).

Félicitations aux pompiers

Si des randonneurs durent être hélitreuillés, il n’y eut heureusement aucun drame humain à déplorer, grâce à l’intervention rapide des pompiers, assistés de l’Office National des Forêts, de Force 06 et des services municipaux. Tous ont été félicités par Jean-Claude Guibal, qui a également remercié au nom des Mentonnais la Sécurité civile pour les impressionnants moyens mobilisés, y compris ceux aériens. En effet, à cause du terrain pentu et de foyers parfois inaccessibles à pied, jusqu’à 6 canadairs, 2 « Dash » et 3 hélicoptères bombardiers d’eau ont participé au dispositif, pour appuyer les 200 soldats du feu qui ont lutté au sol jour et nuit. Leur courage, leur dévouement et leur professionnalisme ont été unanimement salués, chacun ayant conscience du danger auquel ces hommes et ces femmes se sont confrontés.

Maintenant, il faut reboiser

Passée l’émotion et malgré la colère, constater l’ampleur des dégâts ne suffit pas : il faut agir. Beaucoup en expriment le souhait cependant la précipitation induirait des risques inutiles, le terrain sur place pouvant s’avérer fragilisé (une sécurisation est en cours, à l’image de celle sur l’A8) et plus encore en cas de pluie. A l’appel du Député-Maire, la commune a donc initié une opération de reboisement qui, pour être efficace dans le temps, nécessitera l’intervention d’opérateurs spécialisés tels que l’ONF, et des plantations en période hivernale, plus propice. La population est appelée à soutenir cette opération et à participer au reboisement. Les écoles seront également associées pour sensibiliser les plus jeunes. Car il s’agit de défendre notre environnement et de rendre son âme à cette partie de notre forêt, qui fait partie intégrante de l’identité de Menton.