Sous les arcades du Palais de l’Europe, quatre dessins attirent d’emblée le regard des passants. On y reconnaît des personnages mythologiques : dieux, héros ou prétendants. Ils nous semblent familiers, comme surgis de nos souvenirs d’école. Et pour cause. Ces dessins reproduisent les scènes de vases antiques qui illustrent L’Odyssée, le récit par l’aède Homère de l’épopée d’Ulysse. Ce chef-d’œuvre de la littérature classique a en effet été choisi pour donner son nom à la bibliothèque municipale, inaugurée il y a tout juste un an. Un symbole parfait pour ce lieu de culture.

Ode à la connaissance

Car si L’Odyssée nous conte un périple, elle est surtout une ode à la connaissance. Ce que rappelle la fresque du navire d’Ulysse, résistant par sa sagesse au chant des sirènes, qui accueille le visiteur à l’entrée de la bibliothèque. Le héros d’Ithaque reviendra de ce voyage initiatique « plein d’usage et raison » comme l’écrit Du Bellay. Il en transmettra alors l’héritage à son fils Télémaque. A elle seule, cette scène de l’enseignement, qui fait écho à la réunion l’an dernier des sections Jeunes et Adultes de la bibliothèque, en résume désormais l’identité visuelle jusque sur ses documents.

Menton, écrin de la sagesse

Samedi 13 juin, près de 300 personnes étaient réunies pour célébrer ce premier anniversaire en forme de baptême. Succédant au dévoilement de la remarquable fresque d’entrée, peinte par l’artiste Fabien Gauthier sur la base de dessins fournis par la Ville, Lucien Rosso, professeur d’art dramatique au Conservatoire, a lu avec talent un passage du texte original. Celui d’Ulysse confronté au cyclope. Puis les discours ont rappelé le sens du nouveau nom de l’établissement. Pour sa directrice Rose-Marie Matton, qui a souligné le franc succès en termes de fréquentation dès la première année (lire l’encadré), « ce texte fondateur de notre culture, qui a inspiré de nombreux auteurs, reflète vraiment l’identité de la bibliothèque ». Martine Caserio, adjointe à la Culture, a quant à elle dressé un parallèle avec l’actualité qui malmène les enseignements classiques : « Nous devons être fiers de nos racines, de ce que l’école nous a inculqué. » Enfin, le Député-Maire de Menton Jean-Claude Guibal, revenant sur la genèse du projet et sur les noms d’auteurs un temps envisagés, s’est déclaré « heureux que la bibliothèque porte le nom de cette œuvre universelle, rendant ainsi hommage à la culture gréco-romaine qui nous a façonnés ». « Cet écrin est à la mesure d’un texte qui a forgé notre civilisation » a-t-il ajouté, invitant les Mentonnais et les visiteurs à venir ici « comme l’on prend le départ d’un beau voyage culturel, à la découverte d’ailleurs oniriques, dont on reviendra forcément empli de sagesse ! »