La mémoire. Telle pourrait être l’antienne de « La Chambre d’Orphée », la nouvelle exposition temporaire au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman qui en propose deux par an en moyenne. Cette fois encore, il s’agit d’un véritable évènement puisque l’antre du Prince des poètes accueille Anne et Patrick Poirier. On ne présente plus ce couple d’« artistes archéologues » de l’art contemporain, célèbres dans le monde entier pour leurs pérégrinations introspectives aux formes les plus diverses. A Menton, ils ont posé leurs valises remplies d’une vingtaine de leurs oeuvres, dont les imposantes Ouranopolis, ovni qui contemple le fil du temps, ou Amnesia, « musée utopique » dans le musée graphique, sorte d’Arche de Noé qui voudrait sauver de l’oubli les savoirs et les êtres menacés d’extinction. Des créations rejointes par l’inédite Alep, dont les tapis de soie offrent des reliefs changeants selon l’angle du regard, comme autant de cités et de vies qui disparaissent sous les meurtrissures de la guerre. Avec en toile de fond deux métronomes. Le temps qui passe, toujours. Cette exposition « mythologique, qui sonne comme une poésie », avait toute sa place avec celle en cours dédiée aux « Univers » de Jean Cocteau, lui aussi fasciné par les méandres de la psyché. Inaugurée le 13 juin, « La Chambre d’Orphée » est à découvrir jusqu’au 16 novembre. A n’en pas douter, l’exposition restera gravée dans les mémoires des visiteurs ! <h6>Tous les jours de 10h à 18h (sauf mardis et 1er novembre) – Tarif : 8€</h6>