Ils s’appelaient Chloé, Romain, Haalima, Guillaume ou Lola. Ils étaient 130, à ce jour. De tous âges mais surtout jeunes. Ils étaient parisiens ou non. Ils étaient Français ou pas. Tous ont été tués le soir du 13 novembre, non sur un théâtre de guerre mais à Paris, en France. Ils sont morts parce qu’ils voulaient y vivre en paix, en sortant ou en s’amusant. Lors d’un concert, d’un dîner en terrasse ou tout simplement dans la rue. Ils sont morts parce qu’ils se trouvaient au mauvais endroit, au mauvais moment. Morts par la haine de barbares qui ne méritent pas qu’on les nomme, eux. Guillaume et Lola, mais aussi Quentin, Suzon, Cédric, Fanny… Ils étaient comme nous. En fait, ils étaient nous. Car nous aurions pu être à leur place, le temps d’un week-end dans la capitale, prenant un café sans savoir qu’il serait le dernier. Ils auraient pu aussi être nos frères, nos sœurs, notre famille. Certains ici ont d’ailleurs perdu l’un des leurs. Au cœur du massacre, ils étaient tous des nôtres. Impuissants, nous partagions leur peur, leur douleur, leurs pleurs presque en direct à la télévision. L’époque est ainsi. Sur les réseaux sociaux, les vidéos insoutenables suivaient les messages angoissés qui appelaient à l’aide ou recherchaient un père, une épouse, un enfant. Une semaine après, les bougies pansent les coeurs mais pas les mémoires. Tant mieux. Car Romain, Chloé et tous les autres étaient ce que nous sommes. Épris de paix, de joie de vivre et de liberté. Ils en sont morts. Ne les oublions pas.