Au départ, il ne devait s’agir ici que d’un simple mot. Un billet aussi léger que le printemps dont nous voulions célébrer l’arrivée. Mais au moment d’imprimer ce numéro, le printemps ensoleillé s’est noirci de deuil, rougi par le sang et les larmes. Noir, jaune, rouge… Les couleurs flamboyantes de la Belgique, touchée à son tour par le terrorisme, se sont muées en symbole de la douleur. En l’oriflamme de la liberté aussi, derrière laquelle le monde s’unit pour exprimer sa peine et sa colère. Une fois de plus, après les attaques de Paris. Une fois de trop, serait-on tenté de dire. En effet, la stupeur et les cris nous renvoient à des scènes encore vives. Forcément glaçantes, devant ces deux petites filles qui se sont éloignées de leur mère pour jouer un instant, et qui ne la reverront plus. Parce qu’elles ne doivent pas rester un simple récit, miroir d’une fatalité où la barbarie l’emporterait, nous devons penser à toutes ces victimes encore anonymes. Joindre les actes aux paroles. À Menton, une cérémonie est organisée le 25 mars à 10 heures pour leur rendre cet hommage. Les drapeaux, eux, sont en berne en signe de solidarité avec nos amis belges, aux côtés desquels la population mentonnaise se tient. Comme la France tout entière.